Chris Hale

Qu’est-ce que je fais avec le monde ?
Je détourne la réalité et la douleur inhérente à cette réalité dans un processus de réécriture colorée et ludique. Je suis très sensible a la bizarrerie du monde et je transmets son étrangeté. Ce n’est que quand la toile est terminée que je comprends son sens. Je me rends compte que j’ai transformé le tragique en absurde. Comme Philip Guston, je suis content quand je suis déconcerté par le résultat.

Je pense qu’un bon exemple de mon processus est ma réaction aux attentats du 11 septembre 2001. J’étais à New York et j’ai vu les Twin Towers tomber. Pendant les mois qui ont suivi, j’ai dessiné. Quelque chose en moi avait besoin de changer le récit. Alors, sans réfléchir, j’ai laissé les tours se défendre ou échapper aux avions. C’était tout simplement trop douloureux de voir ces avions percuter les tours et tuer tous ces gens. J’ai dû déconstruire la violence, la démonter, la transformer en quelque chose de moins brutal, avec une issue plus heureuse.

En général, je travaille sans penser à un sujet précis. Je trace quelques lignes ou applique des couleurs qui en amènent d’autres jusqu’à ce qu’une image émerge et s’impose. C’est un moment très important pour moi car j’ai le sentiment que la toile a son propre ADN et que je ne dois pas interférer mais seulement l’accompagner dans sa mise au monde.